Le réseau de la Réserve de la biosphère de l’arche de Frontenac

Le réseau de la Réserve de la biosphère de l'arche de Frontenac met au point un vaste programme de certification environnementale

Située à mi-chemin entre Montréal et Toronto, la région dite de l’arche de Frontenac couvre une superficie de plus de 2700 km2 qui s’étend le long du fleuve et de la vallée du Saint-Laurent, dans l’axe reliant le bouclier canadien aux monts Adirondacks de l’État de New York. Reconnue tant pour sa route migratoire unique que pour sa biodiversité, elle est considérée par plusieurs comme étant « la colonne vertébrale » de l’est du continent nord-américain. On y retrouve les cinq types de forêts de l’est du continent ainsi qu’un vaste écosystème comportant des espèces florales et fauniques qu’on trouve rarement dans d’autres régions du Canada, comme l’anemonella faux pigamon et la couleuvre nord-américaine, le plus gros reptile au Canada.

Son territoire comprend également trois des régions touristiques les plus appréciées au Canada, soit le Canal Rideau, le Land’O Lakes et les Mille-Îles, une région si belle que les autochtones lui avaient donné le nom de « jardin du Grand esprit ». Malgré son développement, la région compte toujours plus de 40 % de sa superficie en forêt, 30 % en eau et marécages, et 15 % en terres agricoles, ce qui en fait une zone particulièrement propice à l’écotourisme.

L’arche de Frontenac est reconnue depuis 2002 par l’UNESCO comme une réserve de la biosphère dans le cadre de son Programme sur l’homme et la biosphère. L’UNESCO a établi ce réseau mondial de près de 500 sites, dont 15 au Canada, afin de répondre à l’un des grands enjeux auxquels le monde fait face, soit comment conserver la diversité des plantes, des animaux et des micro-organismes qui constituent la partie vivante de notre biosphère et qui assurent le maintien du bon fonctionnement des écosystèmes naturels, tout en satisfaisant aux besoins matériels et aux aspirations de populations humaines. Pour que l’UNESCO soit en mesure de désigner une réserve de la biosphère, les résidents locaux et les organismes doivent répondre à des critères et remplir un certain nombre de conditions démontrant leur engagement aux principes énoncés.

C’est ce qu’a fait avec succès la communauté de l’arche de Frontenac. En cinq ans à peine, depuis sa reconnaissance comme réserve de la biosphère, la communauté a réussi à mettre sur pied un vaste réseau comptant quelque 50 partenaires et une vingtaine d'agences et organisations, qui ont uni leurs efforts afin de mieux concilier le développement économique et socioculturel et la préservation de ce patrimoine naturel pour les générations futures.

Le tourisme, on l’aura compris, occupe une place importante dans l’économie de la région et les membres du réseau de la Réserve de la biosphère ont élaboré ensemble un ambitieux programme de certification environnementale touchant l’ensemble du territoire, avec comme objectif ultime d’en faire un modèle national de tourisme durable. Le programme, soutenu par Transat, vise à sensibiliser les entreprises et les intervenants touristiques aux enjeux environnementaux, et à les inciter à obtenir une écocertification propre à leur secteur d'activité.

« Notre approche vise à mobiliser les intervenants touristiques, et à les réunir autour d’objectifs communs en matière de tourisme durable, affirme le directeur exécutif de la Réserve de la biosphère de l’arche de Frontenac, Don Ross. Chaque participant est amené à s'interroger sur ses pratiques actuelles, sur les améliorations possibles, et surtout sur les bénéfices manifestes, tant pour l’entreprise elle-même que pour la communauté, à adopter des pratiques d'avant-garde qui feront en sorte que la réserve sera encore là pour les générations futures. La particularité de notre programme est qu’il est élaboré en consensus, par la communauté pour la communauté. Nous désirons ainsi préserver et régir nous-mêmes notre riche héritage naturel et culturel. »

Grâce à l'aide de Transat, le réseau de la Réserve de la biosphère de l'arche de Frontenac a mis sur pied une série d'ateliers sur mesure, faisant appel à des spécialistes capables de guider les entreprises dans l'implantation de meilleures pratiques environnementales. Ainsi, par exemple, les golfs ont souvent été pointés du doigt et critiqués pour leur utilisation de pesticides, de fertilisants et de grandes quantités d’eau. Le programme de certification Audubon Cooperative vise à limiter ces effets et à faire des golfs de véritables sanctuaires qui permettent une cohabitation des espèces animales et végétales avec les activités humaines. Pour obtenir la certification Audubon, les golfs doivent répondre à des critères rigoureux dans six domaines : la planification environnementale, la gestion des habitats et de la faune, la réduction des produits chimiques et la sécurité, la conservation de l’eau, la gestion de l’eau et l’éducation du public.

Déjà, les premiers ateliers organisés par le réseau pour les quelque 30 propriétaires de golfs de la région ont incité plusieurs d’entre eux à entreprendre les démarches nécessaires afin de devenir les premiers parcours de l’est de l’Ontario à obtenir une certification Audubon.

Des ateliers similaires sont organisés pour présenter et promouvoir d’autres types de certification, dont le programme Green Leaf dans le secteur de l'hébergement et le programme Green Marina pour les entreprises de nautisme. Le projet du réseau comporte également un volet « Reconnaissance » pour les entreprises ayant obtenu leur certification.

Cette initiative du réseau de la Réserve de la biosphère de l'arche de Frontenac s’inscrit dans une démarche plus large visant le développement d’un modèle d'intervention novateur qui pourrait un jour s'appliquer à toutes les réserves de la biosphère au Canada. Ce modèle, le réseau a entrepris de l'élaborer avec l'aide de Parcs Canada et de l’Association de l’industrie touristique du Canada, deux joueurs clés en matière de tourisme durable. Cette initiative aura également des incidences économiques importantes puisqu’elle permettra à la réserve d’attirer une nouvelle clientèle plus sensible au tourisme durable. Les détails du projet sont disponibles sur les sites www.fabr.ca et www.mybiosphere.ca.